Le rapport du Conseil des Prélèvements obligatoires, émanation de la Cour des Comptes vient de sortir et met à mal certains dispositifs de "niches fiscales à destination des entreprises. Pour télécharger le rapport, voir ici.
Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO) a travaillé sur un rapport, « Entreprises et "niches" fiscales et sociales, des dispositifs dérogatoires nombreux », à la demande de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, qui entendait ainsi identifier des pistes permettant de réduire les pertes de recettes représentées par les dispositifs dérogatoires applicables aux entreprises.
I. Le CPO dresse un inventaire
des dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux
entreprises et en mesure le coût pour les budgets de l’État et de la
Sécurité sociale.
Le CPO a retenu un
périmètre d’analyse large : ont été étudiées les dépenses fiscales et
les niches sociales, mais aussi certaines modalités particulières
d’imposition et règles d’assiette induisant des pertes de recettes. La
liste des mesures considérées comme dérogatoires a fait l’objet de
modifications régulières, notamment de déclassements, qui ont été
particulièrement importantes au cours des dernières années.
En 2010, 293
dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises ont été recensées. Elles
ont fortement augmenté depuis 2002. Elles représentent un total de 35
Md€, soit 14 % de recettes fiscales nettes de l’État. S’y ajoute le
poids des mesures dérogatoires déclassées qui s’élève à 71 Md€.
S’agissant des niches sociales, le CPO a identifié 91 dispositifs ou
ensemble de dispositifs concernant les entreprises, dont le coût
s’élève à plus de 66 Md€ pour l’ensemble des prélèvements sociaux -
soit 15 % des recettes de la Sécurité sociale –, dont 31,5 Md€ sous la
forme d’allègements généraux et d’exonérations ciblées.
II. Le rapport analyse l’efficacité du recours aux "niches" fiscales et sociales comme instrument adapté de politique publique.
Le recours aux dispositifs dérogatoires est de plus en plus fréquent,
alors que cet outil n'est pas toujours adapté. Régulièrement créées et
rarement supprimées, ces mesures sont souvent étendues sans évaluation
préalable. Le CPO propose de définir au niveau supra-législatif des
règles pour mieux encadrer le processus de création et de modification
des dispositifs dérogatoires.
Le CPO a cherché à analyser leur efficacité socio-économique au regard
des objectifs d'emploi, de développement des entreprises, de recherche
et d'innovation, de pouvoir d'achat et d'aménagement du territoire.
Certains dispositifs contribuent clairement à
l'objectif visé : les pistes d'amélioration proposées consistent alors
à atteindre le même résultat à moindre coût et à limiter les formes
d'optimisation fiscales et sociales non souhaitées. Les allègements
généraux de charges sur les bas salaires ou le crédit d'impôt recherche
semblent appartenir à cette catégorie.
D'autres mesures peuvent
concourir à une politique publique, mais se révéler mal ciblées,
représenter une dépense disproportionnée ou comporter de forts effets
d'aubaine. Les évolutions envisagées visent alors à réduire
sensiblement le coût de ces mesures. Certains taux réduits de TVA ou
les dispositifs dérogatoires en faveur de l'épargne salariale peuvent
relever de ce cas de figure.
Enfin, d'autres dispositifs s'avèrent inefficaces ou
entrent en contradiction avec d'autres objectifs de politique publique,
ce qui conduit à proposer leur suppression ou leur réduction dans des
proportions importantes. L'exonération de TIPP en faveur des
biocarburants ou la faible taxation des "retraites chapeaux" semblent
répondre à ces caractéristiques.
Les propositions doivent être considérées comme un ensemble de pistes
possibles pour réduire le coût des dispositifs dérogatoires applicables
aux entreprises : elles n'ont pas vocation à être appliquées toutes au
même moment, mais constituent une palette de choix possibles.
07/10/2010
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